Retraites complémentaires

Échec de la négociation

En annulant la réunion du 16 février consacrée à la recherche de l’équilibre financier de l’Agirc et de l’Arrco, le patronat a pris le risque de fragiliser davantage ces régimes.

Certes, la négociation entamée par les partenaires sociaux le 27 septembre 2006 sur les régimes de retraite complémentaires obligatoires des salariés du privé n’avait pas d’obligation de résultat, mais son échec est lourd de conséquences. En effet, « le point d’étape », prévu par l’accord sur les retraites complémentaires du 13 novembre 2003, devait « prendre toutes les mesures nécessaires » pour assurer l’équilibre financier de l’Agirc (cadres) et de l’Arrco (employés), à l’horizon 2020. Car les prévisions annoncent un déficit de l’Agirc dès 2007, et de l’Arrco à partir de 2020 (lire l'article).

Le pire des scénarios. La CFDT avait d’entrée de jeu émis le vœu d’aboutir à des mesures qui permettent d’« arrêter la dégradation des retraites complémentaires ». Dès la première séance, Alain Petitjean, secrétaire confédéral, mettait en garde les négociateurs : « Sans décision rapide, la situation de l’Agirc ne fera qu’empirer. » Le Medef ayant annulé la séance « optionnelle » du 16 février, c’est le pire des scénarios qui prévaut aujourd’hui.
Le secrétaire confédéral explique que « le Medef n’a pas réussi à arbitrer en son sein la question de l’effort à consentir pour l’équilibre de l’Agirc. Arriver à un accord impliquait un effort de tous, un effort partagé. Or, parmi les partenaires désireux de déboucher, le patronat a été le seul à camper sur ses positions initiales », soit le refus de toute hausse des cotisations. « Ceux qui ne voulaient rien bouger ont gagné et, malheureusement, les grands perdants seront les salariés concernés », estime la CFDT qui exprime son « regret ». Maintenant, les partenaires sociaux vont tout de même préparer le rendez-vous des retraites de 2008 via deux groupes de travail. L’un sur « les majorations familiales et la réversion », l’autre sur « la garantie minimale de points (GMP), l’association pour la gestion du fonds de financement (AGFF) et l’équilibre des régimes ». Quoi qu’il en soit, « nous aurons perdu deux ans et, en 2008, les mesures à prendre seront plus draconiennes », regrette Alain Petitjean.n

Miren Larre © CFDT (mis en ligne le 1er mars 2007)